Interview de Laura Toral, professeur de yoga

« Pourriez-vous me dire quel est votre profession? »

-Je suis professeur de yoga et je travaille en parallèle dans une coopérative qui commercialise des produits issus de l’agriculture biologique.

« Quel parcours vous a conduit à enseigner le yoga? »

-J’ai découvert le yoga alors que je faisais mon entrée dans l’âge adulte.
Comme pour la plupart d’entre nous, il y avait beaucoup de défis à relever : vivre seule pour la première fois, partir à la recherche d’un emploi, et me permettre de trouver un espace pour mes recherches artistiques, car je m’adonnais avec passion à la peinture (je n’ai jamais cessé depuis).
J’ai tout de suite compris que le yoga m’aiderait à mieux canaliser mes émotions.
J’ai rencontré, alors que j’avais 20 ans, un professeur de yoga formidable, attentif et passionné, qui savait transmettre son enseignement avec beaucoup de douceur, de profondeur et de rigueur. Il est toujours en activité aujourd’hui. Cette rencontre avec le yoga, fut tout à fait décisive pour moi. J’ai obtenu des résultats bien au-delà de mes espérances car j’ai vécu une véritable expérience intérieure : la découverte d’un espace serein derrière tous mes petits tracas quotidiens, un sentiment de connexion profonde avec la nature et les êtres vivants, une joie incommensurable qui m’a donné l’envie irrémédiable d’explorer les voies du yoga.
Rétrospectivement, je pense que l’expérience que j’ai vécue a déterminé mon chemin de vie, car à l’époque j’ignorais tout de ce que j’allais découvrir plus tard.
J’ai participé à des stages de yoga pour découvrir les diverses techniques proposées, mais toujours, je revenais à ce que j’avais appris en premier.
En plus des cours dont je bénéficiais, je pratiquais seule, chaque jour, tout en étant parvenue à trouver une vie équilibrée entre travail, vie de couple.
J’ai par la suite rencontré un grand maître indien de yoga : Swami Satchitananda de Madras, un vieil homme au corps lumineux, et au regard intensément joyeux. Je me suis livrée à une pratique intensive, toujours nourrie par un élan intérieur. Puis je suis partie en Inde. J’ai séjourné quelques mois dans un ashram auprès d’un maître de méditation.
Le yoga est alors devenu pour moi, le chemin que je cherchais sans le savoir.
Tout en progressant dans ce domaine, je veillais à rester présente auprès de mes proches et de mes amis. Même si eux-mêmes n’étaient pas aussi passionnés que moi, ils m’ont toujours comprise, car me connaissant bien ils savent j’ai toujours apprécié de vivre des choses différentes à l’écoute, curieuse et libre.
Conciliant le plaisir de vivre et l’effort inhérent à l’apprentissage d’un savoir authentique, j’ai rejoint l’école de yoga dans laquelle mon premier enseignant s’était formé, une école exigeante fondée et animée alors par R.Cottet, à Toulouse.
Cette école, rattachée à la FNYT (Fédération nationale de yoga traditionnel) existe toujours et continue de former de très bons professeurs.
J’ai la joie aujourd’hui et depuis une dizaine d’années, en parallèle à ma recherche intérieure, d’enseigner.

« À qui s’adresse le yoga ? Peut-on le pratiquer à tout âge ?
Doit-on avoir des compétences particulières pour suivre vos cours ? »

-Je dirais que le yoga s’adresse à celle ou celui qui souhaite s’accorder le temps de renouer un peu avec lui-même, afin de se sentir mieux, tant sur le plan physique, que psychologique, voir spirituel.
Le yoga est une discipline en pratique, il n’est ni un sport, ni une thérapie. Il se place en parallèle de notre vie, en compagnon fidèle, quel que soit notre mode de vie.
Si l’on est jeune, il peut nous aider en particulier à mieux nous concentrer, à mieux nous accepter tel que l’on est.
Confrontés, au cours de notre vie adulte, à toutes sortes de responsabilités, à des travaux difficiles en bureau ou sur les chantiers, nous mettons notre corps parfois à rude épreuve. Avec le yoga nous apprenons à prendre soin de nous, à entretenir notre capital santé, à retrouver de la force et de l’optimisme, à composer avec nos fragilités de façon plus sereine.
Il arrive que la maladie ou les accidents nous mettent à rude épreuve, mais nous permettent aussi de découvrir d’autres réalités internes. Le yoga peut nous accompagner au cours de notre thérapie ou de notre chemin de reconstruction, à chaque étape. C’est un ami puissant.
Quand l’âge nous rattrape, le yoga entretient nos articulations, entretient notre silhouette, améliore notre qualité de souffle ainsi que notre sommeil.
Il n’y a pas de compétence à avoir au préalable, mais pour bénéficier au maximum des effets du yoga, la pratique exige une vraie présence, la volonté consciente de se donner un temps pour soi.

« Lorsqu’une personne vient vous voir lors d’un atelier, que peut-elle espérer comme bénéfice ? »

-La personne peut espérer par exemple : avoir moins mal au dos, respirer mieux, dissiper son stress, acquérir un véritable bien-être, avoir un sommeil plus reparateur… Il y a suffisamment d’outils pour répondre à des demandes précises, dans un temps donné.
J’accorde une attention particulière au cours de mes ateliers, à la spécificité de la demande. Bien souvent, la personne aura envie de continuer.
Cela lui permettra de gagner l’autonomie suffisante pour se faire du bien. Se faire du bien à soi a pour conséquence de faire aussi du bien à autrui, car nos relations s’en trouvent améliorées.

« Le Yoga est-il selon vous un sport ou un mode de vie ? »

-Le sport fait partie du yoga, mais ce n’est pas sa finalité, au cours d’une séance, nous sollicitions, en plus du corps physique, les parties plus subtiles de l’être.
« Le yoga est un tout. »
Il peut devenir un mode de vie si nous choisissons de nous y investir pleinement, mais il n’est pas là, pour nous imposer quoique ce soit. Nous pouvons conserver la vie qui est la notre, quelle qu’elle soit, si elle nous convient. Si des changements se produisent dans notre existence, en faveur d’un mieux-être, cela peut se produire naturellement et sans effort. Le choix appartient à chacun.

« Pourquoi d’après vous est-ce la mode du Yoga depuis quelques années ? Pourquoi suscite-il tant d’intérêt ? »

-Le yoga s’est démocratisé au fil du temps. Grâce à la compétence des professeurs, il s’est libéré des préjugés qui pesaient sur lui au début. Nous savons aujourd’hui que le yoga n’est pas une secte, qu’il respecte les croyances de chacun. Nous savons aussi qu’il ne s’adresse pas à une élite ou à quelques « illuminés » et qu’il répond à des besoins très concrets, concernant la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui.
Le yoga produit des résultats immédiats.
Si vous deviez changer de métier qu’aimeriez-vous d’autres ?
J’ai encore tellement de choses à transmettre, que je n’envisage pas de changer de métier, même si bien-sûr, il existe d’autres métiers passionnants, notamment dans le domaine de l’humain et du bien-être. A travers ce métier, je donne autant que je reçois. La qualité des personnes que je rencontre me donne envie de toujours continuer dans cette voie.

« Avez-vous des hobbies, des passions autres ? »

Je pratique la peinture et la photographie. J’ai pour passion aussi de voyager et de me promener en forêt, notamment en montagne, seule ou avec des amis. Je me nourris ainsi de nature et de culture.

« Quel est le plus beau compliment que vous avez reçu lors d’un atelier ? »

Le plus beau compliment tient à la manière dont parfois la personne dit simplement : « merci ». Ce mot est exprimé avec chaleur et plein de spontanéité. Je suis toujours surprise, car je ne cherche pas de reconnaissance particulière et je ne me considère absolument pas comme un maître. Ce « merci » ne s’adresse pas à mon ego. Je sens que cela vient du cœur. Parfois la personne me confie les raisons profondes qui l’ont poussées à « faire du yoga », et combien cela l’aide. C’est parfois très intime. Je sens alors un contact très profond d’être humain à être humain. A mon tour, alors, je remercie les êtres qui m’ont permis de faire ce chemin jusqu’ à l’autre à travers le yoga.

« Selon vous ou vos proches quel est votre vilain défaut ? et votre meilleure qualité? »

Ma meilleure qualité est aussi mon plus vilain défaut. Je suis quelqu’un d’entier, et j’ai beaucoup de contradictions. En privilégiant la liberté et le droit d’être ce que l’on est, je donne à voir que…je ne suis pas sage ! J’adore m’amuser, rigoler, et vivre spontanément !

« Dernière question pourquoi avez-vous choisi de rejoindre la communauté de Talents chez moi ? »

Talent chez moi rassemble des personnes qui, je pense, tout comme moi, transmettent avec sincérité un véritable savoir-faire. La communauté rassemble des êtres passionnés, attentifs au public, et qui ont une éthique. Nous souhaitons mettre en valeur ce que nous savons faire au profit de chacun, en vivre professionnellement, mais sans rechercher le profit à tout prix.

« Merci Laure pour la sincérité avec laquelle vous m’avez répondu, je vous souhaite d’enseigner votre beau métier avec autant d’amour et de passion de très nombreuses années !

Charlène »

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